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1966, le Bokor « ressuscité »

Publié dans Réalités Cambodgiennes le 8 avril 1966, cet article dresse un tableau enthousiaste du Bokor ressuscité sous l’impulsion de la SOKHA et de son directeur Tim Dong. Quatre ans après l’inauguration de la Cité du Bokor par Sihanouk, la station tourne encore au ralenti — mais le Palace est rouvert, les chambres rénovées, la cuisine française est de retour, et les bungalows de Popokvil accueillent à nouveau les week-endeurs cambodgiens et étrangers.


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À Bokor ressuscité

Fidèle à la mémoire de son Auguste Grand-Père, Sa Majesté Norodom Monivong, qui aimait particulièrement cette station d’altitude où il tenait à ce que reposent ses officiers, Samdech Chef de l’État n’a pas voulu que cette station fût perdue.

Ses instructions ont été exécutées avec fidélité par le Délégué du Gouvernement Royal à Kep et à Tim Dong. Bien que Bokor n’ait plus aujourd’hui ce Casino qui y attire la foule — mais une foule assez peu intéressante —, elle n’a plus la morne cité de ces derniers mois, où l’on ne pouvait guère se loger que sommairement qu’à Popokvil et où il fallait apporter ses repas. Elle est maintenant embellie et convenablement équipée pour recevoir des touristes de toutes classes sociales.

L’effort municipal

Sur le plan de l’urbanisation, la municipalité a beaucoup fait. L’ancien local du petit Casino a été converti et transformé en hôpital. Elle a installé ses bureaux au rez-de-chaussée d’un bâtiment qui servait autrefois d’hôtel et dont l’espace a été transformé en casino. L’hôtel lui-même est aménagé simplement et proprement, doté d’un confort suffisant. Il compte 30 chambres avec eau courante, de 100 à 200 riels la journée selon la grandeur. Un personnel simple, sympathique et khmer a été recruté. Sa direction n’attend que des clients pour lui faire honneur.

De l’autre côté du grand réservoir d’eau (qui sera prochainement mis en état), se dresse une infirmerie qu’une aimable jeune femme nous a fait visiter et qui fait honneur à Bokor. Deux chambres dans une aile sont réservées au personnel du Ministère de la Santé pour de reposants week-ends. Nous avons aussi aimé les parterres fleuris et la grande statue représentant un chasseur athlétique armé d’un javelot et coiffé de la dépouille d’un chevreuil, qui orne agréablement l’entrée.


Notons que toutes les bordures de trottoirs et celles des carrefours ont été repeintes en blanc. On notera également, proche de l’ancien chalet du résident supérieur (détruit par le Viet-minh), le joli bâtiment de l’exposition Sangkum, que visitaient dimanche dernier M. Chin Sea, Secrétaire d’État de l’Électricité du Cambodge et sa famille.


Le «Palace» est ouvert

Le «Bokor Palace», sous l’impulsion de la SOKHAR, a lui aussi refait peau neuve. Son sympathique directeur Tim Dong a été rappelé. Ses chambres ont été réparées et souvent ornées de nouveaux meubles. On y mange bien (cuisine française) : soit au menu, soit à la carte. Le grand salon avec un vrai bar, le billard [sic], un quatuor charmant au coin du feu, un séjour fort agréable.

Aux chutes de Popokvil, les bungalows rustiques permettent de passer une nuit ou un week-end à bon prix. Un point, peut-être, à améliorer : le gardien ne dispose pas d’épicerie pour les besoins du week-end — eau, boissons — ce qui le met en situation difficile malgré sa bonne volonté.

Sur le plateau, M. Tim Dong a découvert des rochers aux formes bizarres, auxquels il a donné un nom et dont il a facilité la visite. C’est une bonne idée. Mais qu’il se méfie de groupes de «visiteurs» qui profitent de l’occasion pour cueillir des orchidées et faire collection de rochers, en dépit du règlement qui ne l’autorise pas.

Tout est fait, donc, pour la relance touristique de Bokor. Il ne reste plus à nos nationaux et aux étrangers disposant d’une voiture que de s’y rendre et de profiter de la fraîcheur du plateau, dans un cadre rénové et vraiment agréable, pour un séjour idéalement reposant.


Réalités Cambodgiennes — 8 avril 1966