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Kep et Bokor, quel avenir ?

Publié dans Réalités Cambodgiennes le 15 janvier 1965, cet article dresse un bilan mitigé de la station du Bokor trois ans après la réouverture de 1962 : le Palace est ravalé, les abords embellis, mais l’aménagement intérieur reste à faire et la fréquentation déçoit — trop de visiteurs au Casino, pas assez au Palace. Pendant ce temps, à Kep, M. Spaccesi modernise les Auberges Royales et M. Tim Dong lance la construction de motels sur l’île du Pic.


Nous avons été agréablement surpris de l’effort qui fut entrepris au cours des derniers mois en vue de moderniser les stations touristiques de Kep et de Bokor, et de les rendre plus accueillantes.

À 1 000 mètres d’altitude, dominant le Golfe de Siam, enfin débarrassé des sombres nuages de la saison pluvieuse, le Bokor Palace entièrement ravalé a maintenant fière allure.

Seul l’aménagement intérieur reste à faire ; il semble du reste que durant les travaux, l’entretien des chambres et de la literie ait été quelque peu négligé. Ce qui explique en partie du moins qu’il y ait tant de visiteurs au Casino et si peu de monde au Palace. Il est vraisemblable dans ces conditions que les autorités de la province de Kampot, qui ont maintenant la responsabilité de Bokor, vont donc porter tous leurs efforts sur l’aménagement intérieur du Palace et l’ouverture du restaurant tant attendue et souhaitée par les touristes, le restaurant chinois faisant déjà le plein.

À notre humble avis, le Bokor Palace doit retrouver sa vocation première, qui est celle d’un hôtel-restaurant de grand standing à l’usage de touristes nationaux ou étrangers qui viendraient y chercher repos et détente.


Le tourisme populaire ne sera pas pour autant négligé à Bokor puisque, aux abords des chutes de Popokvil, vient d’être terminée la construction d’une dizaine de ravissants petits chalets aux couleurs vives, lotis dans la verdure ou entre les formations de rochers. Ces pavillons comprennent, outre une salle de séjour, une petite chambre, une salle de douche et une cuisine. Il ne reste plus que les meubles à mettre et l’électricité à installer pour que les visiteurs viennent y passer un agréable séjour, en particulier les nationaux et les pères de familles nombreuses qui n’ont pas les moyens de s’offrir le luxe de l’hôtel et du restaurant.


À Kep, pendant ce temps, la dynamique gestionnaire des Auberges Royales, M. Spaccesi, ne reste pas les bras croisés. M. Spaccesi a entrepris en effet un effort remarquable en vue d’améliorer la tenue des motels ; les bureaux ont été réaménagés, certaines chambres repeintes. Face à la mer, une magnifique pergola domine à présent le grand escalier qui descend vers la plage.

M. Spaccesi qui ne manque décidément pas d’idées, est optimiste tant sur l’avenir des Auberges Royales que sur la station balnéaire aux destinées de laquelle préside M. Tim Dong.

L’afflux des clients aux Auberges, actuellement bénéficiaires, laisse bien augurer de l’avenir. Mais selon M. Spaccesi, l’essor de Kep pourrait être encore accru grâce aux possibilités touristiques exceptionnelles offertes par les îles qui bordent la côte en cet endroit — domaine rêvé des amateurs de pêche sous-marine, de ski nautique, mais aussi de solitude. Déjà, M. Tim Dong a entrepris la construction à l’île du Pic, de motels à bon marché. Une liaison entre la plage et cette île est envisagée grâce à un service régulier de vedettes rapides.

Ce projet, s’il se réalise avant la saison des pluies, répondrait au vœu des nombreux estivants. Mais, comme on dit, il y a loin de la coupe aux lèvres…

G. B.

Réalités Cambodgiennes — Vendredi 15 Janvier 1965