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1925-1954, la station climatique du Bokor

Le Bokor Palace ouvre en 1925, au terme de quatre ans de chantier. À 1 080 mètres d’altitude, la station climatique promet aux colons français un air respirable, loin de la fournaise de Phnom Penh. Hôtel, église, villas, le Bokor est une ville européenne miniature suspendue au-dessus des nuages et du golfe de Siam.
La route qui y mène a coûté 881 vies. Le chiffre est celui du ministère des colonies lui-même. En 1927, L’Humanité le publie. Le scandale parvient jusqu’à Paris, jusqu’à l’Assemblée. L’administration coloniale ne peut pas ignorer ses propres archives, elle préfère ne pas y répondre. La station de villégiature repose sur ces morts comme sur ses fondations.
La belle époque n’a pas vraiment lieu. Le plateau est souvent noyé dans le brouillard, l’humidité s’infiltre partout, les chambres se vident. On est venu pour fuir la chaleur , on trouve le froid, la moisissure, l’isolement. La clientèle coloniale boude la montagne. La guerre et ses désordres font le reste. Les Khmers Issarak s’installent dans les hauteurs. La position devient militaire.
Avant même que les accords de Genève ne mettent fin à l’Indochine française en 1954, la station s’est déjà vidée.

 

  • Tous
  • Inauguration de 1925
  • Pluie et brouillard
Résidence officielle du Résident Supérieur du Cambodge, cette villa est documentée dès 1925. Entièrement détruite lors du premier abandon de la station, à la fin des années 1940, quand les bâtiments ont été incendiés par les guérilleros Viet-Minh.

Villa du Résident Supérieur du Cambodge

À 1000 mètres d’altitude. Une terrasse en encorbellement surplombant à pic un abîme de verdure et, par-delà, les infinies perspectives du golfe de Siam: océan de forêts du massif de l’Éléphant déferlant en cascade vers un océan gris plombé, aux baies étrangement incurvées. Sur cette terrasse, le vert jeune des plates-bandes de gazon piquetées de palmiers contraste avec la sépia vive du Bienhoa, le tout dominé par l’orgueilleux Bo’kor-Palace dont le haut édifice à pergolas superposées dresse sa jeune splendeur en face de l’incomparable panorama.

« Le Bó’kor et la Côte d’Opale »

Dernier Tango à Bokor

Publié dans The Phnom Penh Post le 13 février 1998, à la veille du 73e anniversaire de l'inauguration, cet article de Greg Muller retrace la naissance et le déclin rapide du Bokor Palace — de la soirée de gala du 14 février 1925, champagne et orchestre, aux plaintes du Dr Simon en 1928 sur la viande avariée et l'eau brunâtre du robinet. Traduit de l'anglais. Ce devait être le plus grand événement à Kampot depuis l’avènement du protectorat français. Le Résident supérieur Baudoin, avait annoncé sa venue. La société coloniale française de Phnom Penh avait envoyé ses citoyens les plus respectés. Une salle de bal avec orchestre était en place et un dîner de luxe attendait les convives. Il y avait...

Publié dans The Phnom Penh Po...

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On est venu en nombre, samedi, se réjouir de la naissance heureuse de l'enfant cher à M. Baudouin. Pardon ! Du palace. Or, le lendemain, un dimanche pourtant, il n'y avait presque plus personne au Bockor. Quel génie malfaisant les avait-il donc chassés du lieu enchanteur ?

Le Bockor dans le brouillard

Album photo du voyage du Gouverneur général de l’Indochine

Album photo du voyage du Gouverneur général de l’Indochine à Phnom Penh et à Bokor en novembre 1925 La Bibliothèque nationale du Cambodge (BNC) possède un album unique : il s’agit d’un recueil de photographies comme on aimait le faire au siècle dernier et qui date de près quatre-vingts dix ans. Il relate, tel le voyage de M. Perrichon, la visite officielle au Cambodge, les 22-25 novembre 1925, d’un « gougal », d’un gouverneur général ainsi que l’on disait à l’époque. On ne faisait pas alors de reportage filmé en vidéo et c’est tout ce qui nous reste d’un événement somme toute mineur mais qui, du point de vue de l’image, est révélateur. Le recueil comporte 44 photographies en plus ou moins bon état, mais toutes...

Album photo du voyage du Gouv...

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Monographie de la circonscription résidentielle de Kampot

Document historique de 1926 : extrait de la monographie résidentielle de Kampot consacré au Bockor, station climatique coloniale au Cambodge. Source primaire annotée. Le Bockor Il ne saurait être question de traiter convenablement, dans un cadre si restreint, un sujet d’une telle ampleur, inséparable, pour qui voudrait l’appuyer d’arguments sérieux, d’une monographie complète du Massif des Éléphants. Aussi bien ne ferions-nous que rappeler la plupart des développements intéressants apportés par le Docteur Berret dans son ouvrage. Nous nous contenterons donc de promener le lecteur de Kampot au Bockor et nous essayerons, chemin faisant, de lui faire goûter les agréments d’une villégiature dans ce site admirable. La falaise du mont Bockor À lui seul, le parcours de la route qui escalade les flancs escarpés de la...

Document historique de 19...

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On vit ici sur la terre en vapeur et l’on prend soi-même, en quelques heures, le parfum du lieu et une couleur verdâtre de mauvais champignon.

Paul Morand

Palace-Hôtel, bel édifice à deux étages d'une architecture robuste et soignée qui dresse, face au Golfe de Siam, sa masse imposante agrémentée de terrasses et de pergolas du style italien.

Ernest Ménétrier

Érigée entre 1919 et 1928 par l'architecte Salvarelli, consacrée le 18 mars de la même année. Caserne des Khmers rouges, cible vietnamienne, lieu de pèlerinage, décor de ruine. Restituée à l'Église catholique en 2017.

Église du Bokor

Les sanatoria font l’objet principal des préoccupations administratives

L'Emprunt indochinois C'est également à la suite des instructions données en 1916, par le Gouverneur général Roume, que commença, au Cambodge, la recherche d'un emplacement pour l'installation d'un sanatorium d'altitude, en même temps qu'était créée la station balnéaire de Kep. Le choix était d'ailleurs limité, car le Cambodge n'abonde pas en chaînes de montagnes dépassant l'altitude de 1.000 mètres, au-dessus de laquelle le paludisme sévit avec moins d'intensité. Les massifs les plus élevés se trouvent sur la chaîne de l'Eléphant, près de Kampot, et sur celle des Cardamones en arrière de Pursat, donnant sur le golfe du Siam, mais d'un accès très difficile de tous côtés. Après quelques reconnaissances topographiques entreprises sur le massif de l'Éléphant, situé à quelques kilomètres de Kampot, et...

L'Emprunt indochinois C'est...

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Un Barrage contre le Pacifique

Marguerite Duras passe une partie de son enfance à Prey Nop, dans la province de Kampot où sa mère s'était établie. C'est là qu'elle puise le sujet de son roman "Un barrage contre le Pacifique" (en réalité, la mer de Chine)  " La mère avait engagé le caporal dès les premiers jours de son arrivée dans la plaine. […] La grande affaire de sa vie c’était la piste. Il était arrivé pour sa construction. On lui avait dit: «toi qui es sourd, tu devrais aller construire la piste de Ram. Il avait été engagé dès les premiers jours. Le travail consistait à défricher, remblayer, empierrer et pilonner avec des pilons à bras le tracé de la piste.  Ces bagnards, ces grands criminels, «découverts»...

Marguerite Duras passe une par...

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Stations sanitaires coloniales

Publié dans La Croix le 24 janvier 1935, cet article dresse un panorama comparatif des stations sanitaires coloniales françaises — de Dalat à Antsirabe, en passant par le Bockor au Cambodge. Le passage sur le Bockor, dix ans après l'inauguration de 1925, confirme que la station fonctionne bien : hôtel en ciment armé, électricité, eau potable, téléphone, service d'autocars quotidien. Un témoignage de presse métropolitaine rare sur la station. Au Cambodge, les chaînes de montagnes dépassant l'altitude de 1 000 mètres au-dessus de laquelle le paludisme sévit avec moins d'intensité sont rares. Le Bockor, situé sur un plateau dans le massif de l'Éléphant, à quelques heures de Phnom-Penh, domine le golfe de Siam. L'administration y fit d'abord construire cinq pavillons en...

Publié dans La Croix le 24 ja...

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